En Bolivie, le soleil se lève à 6088 mètres

Copacabana > La Paz > Huayna Potosi

Après avoir enchaîné les treks au Pérou, nous sommes allés nous reposer au bord du lac Titicaca (3840 mètres d’altitude), dans le village de Copacabana (qui a donnée son nom à la fameuse plage Brésilienne), en Bolivie. Les parents n’ont pas pu attendre d’être à l’hôtel pour faire la sieste !

Pourtant, il était top, pour 12€ la chambre double, nous avions une terrasse et le coucher de soleil sur le lac en direct depuis notre chambre.

Copacabana est un petit village calme où il fait bon ne rien faire et manger des truites. Le lendemain, nous sommes allés nous balader sur l’île du soleil, un petit caillou au milieu de l’immensité bleue du lac, avec plages de sable blanc et vue imprenable sur les sommets enneigés de la cordillère royale.

C’est à ce moment que l’ascension du Huayna Pototsi, un des plus hauts sommets de la Cordillère Royale (6088 mètres), nous a tentés. On s’est dit que la vue sur le lac devait être belle d’en haut…

Nous avons traversé l’île du Nord au Sud (12km), toujours sur des chemins Incas. Les paysages étaient époustouflants et nous aurions bien aimé nous baigner si l’eau n’était pas à 9°C !

De retourà Copacabana, nous avons assisté à la bénédiction des véhicules devant la cathédrale. Oui, oui, vous avez bien lu ! Alors que nous attendions sagement l’arrivée du prêtre, Elise s’est vu proposer d’être la marraine de ce magnifique mini-bus! Ça ne se refuse pas !

Après ce dernier épisode original, les parents nous ont quittés et nous avons enfin pu nous reposer un peu. Nous sommes restés encore une journée à contempler le lac depuis notre chambre avant de nous diriger vers la « capitale la plus haute du monde », La Paz (3400 mètres). Après 4 heures de route, nous avons débarqué dans un énorme bordel urbain, la Paz. Les quartiers pauvres s’étendent à perte de vue en s’accrochant à la montagne et les rues du centre-ville sont raides et embouteillées.

Un vrai cauchemar pour marcher avec nos gros sacs, on était en manque d’oxygène, on se prenait les gaz d’échappement et impossible de traverser sans risquer sa vie. Ici, la devise des chauffeurs, c’est un peu : « si tu laisses passer un piéton, t’es un gros couillon, t’as rien dans le caleçon » !

On a passé une journée à errer dans la ville où nous avons visité le musée de la coca, instructif pour comprendre comment les occidentaux ont transformé une plante sacrée en un fléau planétaire.

Si vous n’étiez pas au courant, ici le président c’est Evo Morales ! Modeste le mec, sa photo fait juste la taille du plus grand immeuble de la ville…

Mais surtout, nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure Huayna Potosi ! Jérôme était bouillant, Elise se disait que ça devait être faisable… Nous avons trouvé une agence sérieuse (Inca Land) qui proposait l’ascension en 3 jours, pour 100€ par personne !

Huayna Potosi J1 : La Paz (3400 mètres) – Camp de base (4700 mètres)

Elise s’est réveillée carrément stressée pour la première fois depuis très longtemps ! On a commencé par récupérer notre matériel : chaussures rigides, crampons, piolet, casque, veste et pantalon de ski, veste et pantalon en polaire, guêtres… On nous avait annoncé du -40°C au sommet, alors on a préféré bien s’équiper !

Avant de partir, nous avons fait la connaissance de nos guides et de nos copains de cordée, Barbara et JB de Grenoble.

Le premier jour était assez facile, nous sommes montés au camp de base en voiture. Malgré le mauvais temps et le moral d’Elise en berne, nous sommes sortis pour tester le matériel et nous initier aux crampons et à l’escalade de glace sur le glacier du Potosi et c’était super ! Les guides nous ont fait débuter l’escalade sur une pente équivalent à du 6B (pour ceux qui connaissent), soit un mur avec en plus quelques dévers… Pas de soucis pour Jérôme qui s’est élancé le premier, sauf pour récupérer l’usage de ses doigts, tétanisés pendant 5 minutes après la descente !

L’escalade de glace, contrairement à l’escalade normale, c’est presque tout dans les bras ! On se hisse à l’aide de 2 piolets qu’il faut à chaque « pas » planter et sortir de la glace, dur ! Une bonne expérience !

Huayna Potosi J2 : Camp de base (4700 mètres) – Camp d’altitude (5130 mètres)

Nous avons plutôt bien dormi, malgré le froid, tout habillés dans nos sacs de couchages. Bonne surprise au réveil, le ciel était dégagé et on pouvait voir le sommet ! Le moral est revenu !

Nous sommes montés au camp d’altitude avec nos sacs chargés de tout le matériel pour l’ascension (environ 15 kg) en 2H30, nous étions en forme. Mais les rencontres avec ceux qui redescendaient nous ont fait un peu peur. Sans parler des abandons, un Allemand nous a conseillé de « redescendre pendant qu’il en était encore temps » et d’autres touristes étaient en mode « zombie » et ne pouvaient même pas nous parler de leur ascension tellement ils étaient fatigués…

Le camp d’altitude était plutôt confortable et la vue depuis les toilettes panoramique !

A 5130 mètres, nous étions presque détendus et n’avions aucun problème lié à l’altitude. Après le dîner, le briefing a fait monter la pression d’un cran : réveil à 0H30, départ à 1H30 pour 5 ou 6 heures de montée, à une température de -15°… Mais pourquoi paye-t-on pour faire ça ?!

Huayna Potosi J3 : Camp d’altitude (5130 mètres) – Sommet (6088) – Camp de base (4700 mètres) – La Paz (3400 mètres)

0H30, le réveil sonne ! Nous avons avalé un petit déjeuner le ventre noué et sommes sortis rapidement. Elise avait oublié la moitié de ses affaires, c’était un peu la panique mais à 1H30, nous étions prêts. Crampons aux pieds, nous n’en menions pas large !

Nous nous sommes encordés avec notre guide, Elise derrière lui et Jérôme fermait la marche. La cordée de nos copains était derrière nous.

Après la panique du départ, place au calme de la nuit étoilée sur la neige, c’était très beau, nous nous sommes un peu détendus. Nous montions tranquillement, très doucement, presque trop doucement pour trouver un rythme. Nous marchions dans la nuit, sans voir notre but, sans savoir s’il nous restait 3 ou 4 heures de marche, sans réfléchir à autre chose que « pied gauche, pied droit, piolet, … », les yeux rivés sur les semelles du guide, en mode machine. Nous n’étions pas trop essoufflés, sauf dans les parties les plus raides où il fallait escalader, mais en fait on a plutôt rampé à genoux car le moindre effort nous cramait très vite. Puis, nos copains nous ont abandonnés, petit coup au moral. La pente devenait de plus en plus raide, on s’encourageait en se disant qu’on allait y arriver, sans trop savoir…

3H30 après le départ, le soleil s’est levé et on a commencé à y croire !

Enfin, nous avons aperçu le sommet, pointu tel une montagne dessinée par un enfant. Impressionnant ! Surtout qu’il nous fallait encore affronter la crête finale. 300 mètres à parcourir avec de chaque côté… du vide !

Sur la crête, le guide nous a annoncé 20 minutes jusqu’au sommet, trop d’émotion pour Elise qui n’a pu retenir ses larmes avant de réaliser que la crête n’était pas le meilleur endroit pour se déconcentrer !

Nous sommes arrivés au sommet, 6088 mètres, 4h25 après le départ, super contents et fiers (Elise, très émue)!

Qu’est-ce que c’était dur, mais quelle joie de savourer ce moment ! Et quelle vue ! La visibilité était parfaite, nous dominions tout le paysage à 360°, d’un côté la cordillère royale avec ses pics noirs, de l’autre, un désert sur lequel se détachait l’ombre de notre montagne et le lac Titicaca en arrière plan.

Pour la descente, on a inversé le sens de la cordée, Jérôme devant, Elise au milieu et le guide derrière… Bon courage Jérôme !

La descente à été très rapide, 1H50 jusqu’au camp d’altitude, nous gambadions entre les crevasses et les séracs et profitions de la vue, même pas fatigués !

1H30 de descente plus tard, nous étions de retour au camp de base, pour un festin d’empanadas arrosé de coca, nos copains avaient repris des couleurs et nous n’étions pas complètement des zombies. Par contre, nous avons découvert avec tristesse que nos vidéos des 3 jours avaient disparues, problème de carte SD… Donc nous n’avons pas de vidéos du Potosi à vous montrer, nous garderons ces belles images au fond de notre cœur.

Plus de photos dans la rubrique Photos

Notre voyage en Bolivie en vidéo, c’est ici !

Dans le prochain épisode : sans transition, direction la jungle amazonienne et le désert de sel…

Hasta luego !

Elisa y Jeronimo

8 réflexions sur “En Bolivie, le soleil se lève à 6088 mètres

  1. c’est marrant de revoir tout ces endroits magiques, on a fait quasiment le même voyage que vous et après plus d’un an la magie opère encore, les souvenirs sont quasi intactes….
    Pour nous la Bolivie est dans le TOP 3 des pays visités….
    Bonne continuation les amis …..

  2. Ping: On a marché sur les chemins des Incas | JETM2013

  3. Emotion de l’avoir fait, d’être là, bien petit dans l’univers face à tant de beauté !
    Méditation du jour : c’est bien l’émotion « indicible » qui est le ressort du voyage…
    Bisous

  4. Bravo Elise et Jérôme. Elise, je comprends très bien tes larmes et ton émotion. J’ai vécu la même expérience dans les Alpes au Cervin et c’est un souvenir que tu garderas toute ta vie…

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